Après son duel pitoyable face à Voldemort, le poireau a fuit pitoyablement, laissant le soin aux meilleurs de défendre ce qu'il laisse derrière lui. C'est l'histoire de Héros, qui se battent, qui s'aiment, se déchirent, tentent de vivre tout simplement.
 
AccueilPortailFAQRechercherS'enregistrerMembresGroupesConnexion

Partagez | 
 

 Une heure, le facteur n'est pas passé

Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4  Suivant
AuteurMessage
Diony Pratchett

avatar

Nombre de messages : 1548
Date d'inscription : 11/08/2007

Feuille de personnage
Age: 18
Statut: réfugiée

MessageSujet: Re: Une heure, le facteur n'est pas passé   Dim 10 Juil - 16:21

Non...!

Plainte géniarde, certes, mais elle était chargée de conviction. Et si elle ne se mit pas au devoir de repousser Sirius, c'est bien parce qu'il ne s'opposait pas clairement à elle.
Se rasseoir, d'accord. Mais pour mieux prendre appuie et repartir.

C'est pas du zèle. C'est de la médecine.

Et hop, vas-y que je repars à l'attaque et me lève.

Alors, on va où?
Revenir en haut Aller en bas
Sirius Black

avatar

Nombre de messages : 1581
Date d'inscription : 11/08/2007

Feuille de personnage
Age: On ne demande pas son âge à une jeune femme
Statut: Chef de L'Ordre du Phénix

MessageSujet: Re: Une heure, le facteur n'est pas passé   Jeu 14 Juil - 0:00

Viens, répéta t-il simplement. Il soutenu Diony en la maintenant doucement par la taille puis la fit sortir de la pièce. Le temps de dire à Pomfresh qu'il était chef de l'Ordre et que les ordres ne se discutaient pas, puis de traverser une partie des couloirs tranquillement, en faisant quelques haltes, il conduisit la jeune fille jusqu'à une petite pièce qu'elle n'avait jamais vu. En chemin, il douta que son idée fut la meilleure qu'il ait eu, mais il fallait lui montrer.

Au centre de la pièce siégeait une modeste table sur laquelle se dressait, banale, une simple bassine de pierre ornée de runes. A l'intérieur, calme comme l'océan mais pourtant remué de quelques ondulations, la substance argentée reposait.
Sirius s'approcha de la Pensine sans lâcher la taille de Diony, puis sortit sa baguette de sa robe alors qu'il la laissait aller à sa contemplation.

D'un sérieux apaisant, il lui sourit avec un rien de tristesse et lui dit :


Peut-être que je me trompe, mais je crois qu'il y a des choses qui pourront t'aider.

Par là-même, il lui demandait implicitement son avis. Etait-elle prête ou non ?
Revenir en haut Aller en bas
Diony Pratchett

avatar

Nombre de messages : 1548
Date d'inscription : 11/08/2007

Feuille de personnage
Age: 18
Statut: réfugiée

MessageSujet: Re: Une heure, le facteur n'est pas passé   Lun 25 Juil - 14:58

Fait rare, Diony garda le silence tout du long, concentrée sur le moindre de ses mouvements et la présence apaisante de Sirius à ses côtés.
Ce n'est qu'une fois arrivée en face de la pensine qu'elle prit toute la mesure de cet instant qu'ils vivaient et tourna un regard interrogatif vers son compagnon.

Les souvenirs avaient toujours été inquiétants à ses yeux, comme chargés de choses qu'il valait mieux oublier en général. Ne pas se retourner, jamais, telle était la philosophie de Diony. Seulement, si Sirius l'avait emmené ici, c'est qu'il devait y avoir une bonne raison. Lui faisant confiance, elle n'hésita que quelques instants, le temps de fermer les yeux et de faire le plein de force tout contre Sirius.

Alors, seulement, elle s'écarta et fit un signe de tête.

- Je suis prête.
Revenir en haut Aller en bas
Sirius Black

avatar

Nombre de messages : 1581
Date d'inscription : 11/08/2007

Feuille de personnage
Age: On ne demande pas son âge à une jeune femme
Statut: Chef de L'Ordre du Phénix

MessageSujet: Re: Une heure, le facteur n'est pas passé   Jeu 28 Juil - 22:41

Sirius porta sa baguette à sa tempe. Dans une légère grimace, il en extrait une fine cordelette argentée, qu'il déposa ensuite dans la pensine. A plusieurs reprises, il fit de même, regardant se mélanger ses souvenirs dans le voluptueux liquide gazeux. Lorsque ses manipulations furent achevées, il hésita un moment. Diony avait-elle réellement besoin de voir ce qu'il allait lui montrer ? Plus de tristesse encore n'était sans doute pas la solution. Il savait que ce n'était pas la raison pour laquelle il allait les lui montrer mais bien parce qu'il y voyait au contraire de l'espoir, une leçon. Des moments de vie qu'il ne regrettait pour rien au monde, malgré tout. Pourtant, il hésitait.
Relevant la tête, il lança un regard profond à la jeune fille et lui fit signe de se plonger dans la pensine. Il ferait ce voyage à côté d'elle, bien qu'il lui en coûte. Il savait, de toute manière, qu'il faisait sans cesse ce voyage, qu'il le veuille ou non.

La chute sembla moins longue que d'ordinaire alors que le premier souvenir se formait sous ses yeux. Il était brumeux, mais on reconnaissait clairement le château de Poudlard, bien qu'il appartienne alors à un autre temps.

Sirius, alors âgé de onze ans, semblait venir d'un autre monde. Grand, mince, les cheveux tombant sur les oreilles et ébouriffés, il entrait pour la première fois dans ce qui deviendrait sa chambre de dortoir pendant sept ans. Le port hautain, ses yeux gris perçant analysèrent le lieu avant de se mettre à briller. Il tentait de cacher le sourire qui naissait au creux de ses lèvres mais bien vite, un élève aux cheveux bien plus ébouriffés que lui traversa la pièce comme un nimbus 2000 – bousculant Sirius au passage – et se jeta sur l'un des lits.


- Qui me passera sur le corps aura droit de prendre ma place !
cria t-il d'un air ravi. Le garçon ressemblait trait pour trait à Harry Potter, tellement qu'il en aurait été difficile de les dissocier si son attitude n'avait pas été à l'opposée de celle de son fils.
Sirius explosa de rire.

- Trop facile, répliqua t-il, c'est même pas la peine d'essayer. Il s'avança dans la pièce et déclara qu'il prenait le lit près de la fenêtre, alors que les deux autres garçons qui venaient d'entrer restaient en retrait.
James se moqua de lui en rétorquant qu'il se mettait là parce qu'il avait sans doute peur du noir, ce à quoi Sirius répondit que lui-même avait choisi le lit de l'autre côté de la fenêtre. Les chamailleries continuèrent comme si les deux garçons se connaissaient depuis des années, tandis que le plus rondelet des garçons en retrait observait l'autre en se tripotant les mains. L'autre était assez petit et semblait fragile tant sa pâleur faisait transparaître l'ambre de ses yeux. Poliment, il demanda à Peter quel lit il souhaitait prendre.
Sirius, celui du présent, pu alors noter que le visage se Peter s'était presque effacé de son souvenir, comme s'il ne souhaitait plus se remémorer les instants passés avec lui. Cette idée lui fit plaisir avant de lui fendre le cœur. Certes, Peter n'avait jamais été son meilleur ami, mais il l'avait pris sous son aile sans se poser de questions dès les premiers instants.

Le souvenir s'effaça pour laisser place à un autre.
Sirius et James, âgés de quelques mois de plus, se trouvaient dans le parc. Ils marchaient d'un pas nonchalant en direction du Lac.

- Regarde ça, disait James d'un air écœuré. Une fille de notre propre maison qui traine avec le plus vicieux des Serpentards.
- Où ça ? fit Sirius.
James pointa du doigt l'arbre qui leur faisait face.

- Ce serait pas la rouquine à laquelle Peter a mis le feu la semaine dernière ?
- Lily Evans,
précisa James le menton relevé.
- T'es amoureux ? plaisanta Sirius. James l'ignora mais rougit légèrement.
- Elle mérite des gens comme nous, pas comme cet abruti de Snake.
- Snape
, précisa Sirius.
- T'es amoureux ? demanda James d'un ton des plus moqueurs.
Sirius haussa les épaules. Puis le souvenir devint flou jusqu'à ce que les deux garçons aient rejoint Peter et Remus au bord du lac.
Sirius et Diony entendirent néanmoins quelques bribes de conversations. Des phrases banales, de gamins, qui ne montraient rien d'autre que la bêtise de cette bande d'enfants. Mais qui marquaient aussi le début d'une amitié forte, plus importante que tout.

Le Sirius adulte s'attendrissait face à ce spectacle, alors que des bribes d'autres souvenirs allaient et venaient. Des images de classe, alors que James et lui faisaient des farces aux Serpentards. Les rires de Lily et de Remus malgré leurs remontrances.
Un professeur qui parlait de la montée au pouvoir d'un mage noir terrifiant, alors que Sirius se contentait d'observer sans retenue une fille deux rangs plus loin et que James draguait Lily éhonteusement.
Un couloir dans lequel Sirius et James croisaient son frère tout en l'ignorant superbement, et Sirius qui, deux pas plus loin, souriait en toute discrétion à une jeune fille brune aux couleurs serpent.
Les dortoirs de Gryffondor, lors d'une petite fête organisée en douce, les élèves riant aux éclats. Sirius et Remus dansant au coin du feu. Peter et James lancés dans une bataille de feux d'artifices.


- Vous avez entendu parler de ce sorcier, Lord Voldemart je crois ? demandait Peter.
Sirius et James se regardèrent distraitement. Peter parlait beaucoup, parfois on ne l'écoutait pas vraiment. Mais Remus, lui, plongea ses yeux d'or dans ceux de son ami.

- Oui, dit-il avec gravité.
Aussitôt, l'attention de Sirius se focalisa. Peter demanda de qui il s'agissait, car il avait surpris une conversation entre Snape et un septième année.

- Quelqu'un que je préfèrerais ne pas savoir exister. répliqua tristement le jeune loup-garou. Il était si rare – pour ne pas dire inconcevable – d'entendre Remus parler de la sorte que même James fut forcé de participer à la conversation.
- Pourquoi ? C'est qui ? Un membre des Pop Rouflaquettes ? Sirius et Peter le suivirent dans son rire tandis que Remus l'ignorait.
- Ripper en a parlé dans son cours, il y a quelques temps. Un sorcier qui commence à donner du fil à retordre au Ministère. Il a été élève à Poudlard, parait-il. Et à présent, il souhaiterait que tous ses élèves ne soient que des sorciers nés sorciers.
- On se croirait à un repas dans ma famille,
fit remarquer négligemment Sirius. Ca me dit quelque chose maintenant que tu en parles. A Noël dernier ma cousine est venue manger chez nous et elle a parlé d'un espèce de gourou de grande sagesse, ironisa t-il.
Remus reprit d'une voix plus faible.

- Il me fait peur à moi, ce sorcier. Si jamais d'autres venaient à penser comme lui, vraiment, et bien… je ne sais pas ce qu'il adviendrait des gens comme moi.
James le considéra avec beaucoup de sérieux. Puis, comme toujours, il préféra faire passer ses sentiments par la plaisanterie :
- Je ne m'inquièterais pas si j'étais toi. Avec des gens comme cet abruti de Snape ou la famille de Sirius, il ne convaincra pas grand monde…
Sirius fut le premier à rire, puis le rire se perdit dans un écho.

- Mon cher Sirius, dit Dumbledore calmement, le regard profond derrière ses lunettes en demi- lune, je suis parfaitement au courant de la gravité de cette situation, crois-moi. Je m'en inquiète, puis-je même te confier. Je m'inquiète cependant bien plus de l'héroïsme prématuré de mes élèves.
Sirius était assis face au bureau du directeur, les bras croisés, visiblement en colère. C'était un adolescent à présent, d'une beauté indiscutable malgré son air arrogant.
- Puisque tout le monde préfère garder la tête dans le chaudron, il faut bien que quelqu'un agisse ! Et je ne laisserai pas la famille de mes amis se faire torturer, ou pire, sous prétexte qu'un forcené et ses sbires prétendent que c'est pour le bien du monde sorcier ! s'emporta soudain le Gryffondor.
Dumbledore le laissa s'emporter sans s'offenser de se faire parler sur ce ton par un élève. Il le regardait avec beaucoup d'empathie, un rien de peine et sans aucun doute avec un rien de fierté.

- Comme je viens de te le dire, je suis au courant de tout cela. Voldemort, puisque c'est ainsi qu'il se fait appeler, est sans doute un forcené, mais un forcené intelligent. Ne sois pas choqué par ces mots. Il est intelligent, oui. Ce qui le rend dangereux. Tout comme une partie de ceux qui le suivent. Pour l'instant, néanmoins, il a le défaut de faire face à des adversaires encore plus intelligents, comme moi-même, dit-il en faisant un clin d'œil. Et je dois t'avouer que je n'ai jamais été friand des chaudrons. Pour l'instant, j'aimerais donc que tu me promettes de mesurer tes réactions. Quelles que soient tes bonnes intentions, crois-tu vraiment qu'attaquer ton jeune frère et ses amis s'est avéré d'une utilité probante ?
- Vous auriez préféré que je me taise quand ils se sont moqués de Charlie, de la perte de sa tante ?!
- Au contraire, j'aurais aimé que tu prennes le temps d'en parler plus longuement avec eux. Que tu gardes ta force pour les combats qui sont nécessaires et pas pour ceux qui n'amèneront à rien d'autre qu'une haine mutuelle renforcée. La parole, Sirius, a des pouvoirs que tu n'imagines pas encore. Foncer la tête baissée, en revanche, prouve que tu ne vaux pas mieux qu'eux. Ce qui, entre nous, m'étonnerait franchement,
fit-il en souriant.

Sirius fut le premier surpris de la clarté de ce souvenir. En se voyant ainsi si jeune et si impétueux, face à un Dumbledore si sage, il s'en voulait de ne pas l'avoir mieux écouté.

Une salle inconnue aux couleurs douillettes fit son apparition, Sirius bras dans les bras avec la jeune fille brune du couloir, qui le regardait les sourcils froncés.

- Tu crois que Ripper a raison ? Que Tu-Sais-Qui finira par renverser le Ministre de la magie ? James dit que Dumbledore ne laissera jamais un truc pareil arriver.
- Dumbledore n'est pas tout puissant, Sirius, et James n'est pas la parole divine. J'espère, de tout mon cœur, que la guerre n'éclatera pas. Mais je suis bien mal placée pour avoir encore cet espoir.

Mina détourna le visage, les larmes aux yeux. Sirius sembla alors se rendre compte de son erreur. Il lui caressa tendrement la joue en lui demandant pardon.
- Je ne laisserai jamais personne te faire ce qu'ils ont fait à ton père et à tes cousins. Je te le promets. James, Remus, Peter et moi on a décidé de devenir Auror.

Le Sirius adulte se rendit compte alors que Mina lui lança un regard navré. Elle n'y avait pas cru et lui n'en avait rien vu.
Alors que son double s'apprêtait à embrasser la jeune fille, le souvenir s'effaça pour laisser place à un Noël dans la famille de James. Un Noël des plus heureux, le dernier qu'ils avaient passé tous ensemble : les quatre maraudeurs réunis pour la dernière fois lors d'une soirée de pur bonheur. On y parlait de la guerre aussi, mais avec espoir. Dumbledore se trouvait là également, ainsi que Maugrey sans son œil magique.

- Vigilance constante! Rugit-il en levant son verre.
- Mon cher Alastor, je crois que votre vigilance vient d'omettre le fait que ma robe est toute neuve, plaisanta doucement Dumbledore en faisant disparaître d'un coup de baguette la tâche de vin que l'auror venait de projeter sur lui.
La table partit dans un fou rire général. Lily se boucha l'oreille à l'intention de Sirius qui jappait si fort qu'on entendait que lui.

Un effluve argenté transforma la scène. Lily, James, Sirius, Remus et Peter se retrouvèrent dans une chambre aux couleurs rouge et or. A l'extérieur, on pouvait voir la neige tomber. James était appuyé contre son lit, Lily contre lui. Remus, en face de lui, tentait de chasser la tête de Sirius qui reposait nonchalamment sur sa cuisse. Sirius, allongé de tout son long, se plaignait de maltraitance alors que Peter, assis en tailleur, lui pinçait les jambes pour qu'il les écarte de ses propres genoux.

- J'aimerais qu'on passe tous nos Noël ensemble, disait James.
- Je ne vois pas ce qui nous en empêcherait, répliqua Peter.
- La Guerre, par exemple, dit Sirius d'un ton badin et comme s'il le prenait pour un parfait crétin.
- La Guerre n'est pas encore déclarée, répondit posément Remus, qui avait abandonné son idée de chasser Sirius.
- Même si elle venait à se déclarer, je vois pas pourquoi ça nous empêcherait d'être tous ensemble, reprit Peter. On s'est bien toujours dit qu'ensemble, on était invincibles.
- Ouais, c'est ce qu'on s'est dit quand on avait 13 ans,
dit James. Personne n'est invincible, mais si on reste unis, Voldemort tombera.
Une seconde de silence se fit ressentir avant que James poursuive dans un sourire.
- C'est pour ça que j'suis d'accord avec toi Peter : on passera tous nos Noël ensemble. Et tous nos combats. Et on mettra la pâtée au Grand Seigneur Ténébreux et à ses rigolos.
- C'est moi le grand ténébreux,
fit sournoisement Sirius. Il se redressa soudain sur ses jambes, poussa James pour se draper de la couverture qui recouvrait son lit et attrapa une vieille plume qui trainait.
- Ahah ah! Je suis Lord Boldeglaire et je vous défie. Du bout de sa plume, il chatouilla le nez de Remus avant d'attraper Lily et de lui faire subir le même sort.
Une fausse bataille s'enclencha alors et ce fut le chaos. Des éclats de rires jaillirent ainsi que de petits couinements de peur tandis que James et Sirius frappaient avec des oreillers et que Lily, Remus et Peter tentaient tant bien que mal de leur rendre la pareille avec divers objets.

Le visage flou de Remus se dessina, dans un lieu difficilement identifiable. Sirius le regardait avec froideur. Sa voix n'était pas plus avenante alors qu'il lui faisait comprendre avec détachement qu'il était dans son intérêt de ne pas chercher à trop en savoir sur James et Lily. Remus restait silencieux, probablement touché par ces mots, comme effacé. Sans un mot gentil, Sirius lui disait aurevoir et tournait les talons.

La scène fut balayée de nouveau. Sirius, à présent âgé d'une vingtaine d'années, se trouvait auprès d'un James fatigué et d'une Lily au ventre toujours rond, un bébé endormi dans les bras.

- Je croyais qu'on s'était dit "à la vie, à la mort", rugissait Sirius.
- Sirius… supplia Lily, d'un air désolé.
- Nous devons partir, intervint James d'une voix douce. Tu sais pourquoi. Tu sais qu'on ne peut pas faire autrement. S'il te plait, Sirius… on a besoin de toi.
Sirius frappa une chaise du pied puis s'immobilisa, les poings serrés de colère. Lily s'approcha doucement de lui et lui sourit.
- Sirius… On aimerait que tu sois notre Gardien.
L'adolescent gardait les dents serrées.
- Il n'est personne en qui on ait plus confiance que toi, argumenta James.
- Justement ! répliqua sèchement Sirius. C'est justement parce que vous êtes comme mes frère et sœur que Vous-Savez-Qui s'attendra à ce que ce soit moi.
- Qui alors ?
demanda Lily. Remus.. Elle baissa les yeux avec tristesse alors que Sirius lui coupait la parole.
- Remus est un traitre, c'est pour ça qu'on l'a écarté non ?
- Tu es injuste, tu sais très bien qu'on a jamais dit ça, mais…
- Mais quoi ? C'est lui que vous soupçonnez non ? Elle est belle notre promesse de rester toujours ensemble !

James s'énerva alors, rappelant à Sirius que c'est lui-même qui pensait que Remus était le seul capable de les trahir. Qu'il s'était éloigné d'eux tout seul et qu'à présent, ils avaient un enfant auquel songer, à protéger du Seigneur des Ténèbres.
- Je sais ! Je sais tout ça, abdiqua Sirius. Et moi aussi je veux vous protéger, mais je suis la première personne à laquelle l'ennemi viendra pour vous trouver.
- Qu'est-ce que tu proposes alors ?
demanda Lily.
- Peter.

Le souvenir s'effaça de nouveau. Et la scène se fit des plus terribles. Sirius se trouvait devant une petite maisonnette, la peur au ventre. Il pénétra par la porte défoncée telle une tornade et se retrouva nez à nez avec le corps de son ami, de son frère, qui gisait là sans vie. Il poussa un cri d'horreur, bas mais déchirant, puis fonça dans le reste de la maison, appelant Lily comme un possédé.
Le Sirius adulte ferma les yeux. Il ne pouvait pas regarder. Cette scène hantait ses jours.
A bout de souffle, Sirius traversa le couloir du haut et se figea soudain, alors que le corps de Lily s'étalait devant lui. Il s'immobilisa, le regard planté sur le berceau. Harry avait des larmes plein les yeux mais il lui rendit son regard, complètement calme à présent.
Le cœur de Sirius se tordit alors que la scène changeait.
Il pointait sa baguette sur Peter et criait un sortilège de mort. Tout s'évanouit.

Pendant un instant, il ne se passa rien. Puis le noir s'évapora et laissa place à une après-midi ensoleillée. Sirius marchait main dans la main avec Mina, au cœur de Londres.
Il avait dans les 18 ans.

- Je crois que Lily est enceinte.
- Vraiment ?
s'illumina Mina.
- Que ça ne te donne pas d'idées, plaisanta Sirius.
Elle eut un sourire triste.

- Je me ferai des idées quand tu leur avoueras enfin avec qui tu passes tes nuits.
Sirius détourna le regard. Mina baissa le sien.
- Tu sais pourquoi… tenta Sirius.
- Je sais que tu es lâche. Elle lui lâcha la main. Tu dis toujours qu'il faut rester soudé mais tu éloignes tout le monde de toi. Remus, Peter… moi. Il n'y a que James qui compte.
- Ne recommences pas, Mina,
menaça Sirius.
La jeune fille s'arrêta. Son visage se froissa de douleur et de colère contenue.

- Tu es aveugle, dit-elle dans un murmure. Les temps ont changé, on a plus besoin de ces querelles d'enfants. Je sais que James me déteste et tu sais que je le déteste aussi. Est-ce que ça veut dire pour autant qu'on ne fait pas parti du même camp ? Qu'on ne doit pas apprendre à se connaître pour mieux s'entraider ? Est-ce que tu vas éloigner tout le monde de toi, Sirius, juste parce que tu as peur ?
- Tais-toi !
cria t'il soudain.
- Non ! Non je ne me tairais pas ! Je me tais suffisamment depuis deux ans ! J'ai besoin de toi, Sirius. J'ai besoin de ta confiance et tout ce que je vois, c'est un gamin borné ! Tu as chassé Dumbledore, l'Ordre. Tu es en train de chasser Remus et Peter. Pourquoi ?! Pour rester auprès de James.
Elle se moqua.
- Deux sorciers contre le monde ! Elle est belle ta vision de l'union. Vous finirez sous terre tous les deux si vous oubliez que vous n'êtes pas les seuls à lutter.
Elle lui attrapa le bras alors qu'il semblait sur le point de la frapper.
- J'ai besoin de toi, Sirius, supplia t-elle. Et tu as besoin de moi, de nous tous.
- J'ai besoin de James,
répondit-il sur un ton de mépris tel que le Sirius adulte tiqua.

Quel imbécile il avait été. Quel être borné était celui qu'il voyait face à lui ? Il se sentait vidé, alors que son visage quittait la pensine. Vidé d'avoir tant de remords, d'avoir commis tant d'erreur et fais tant de mauvais choix. Oui, il voulait que Diony accueille ses souvenirs comme une leçon, comme une leçon. Mais laquelle au juste ? Tout à coup, il ne savait plus.

Revenir en haut Aller en bas
Sirius Black

avatar

Nombre de messages : 1581
Date d'inscription : 11/08/2007

Feuille de personnage
Age: On ne demande pas son âge à une jeune femme
Statut: Chef de L'Ordre du Phénix

MessageSujet: Re: Une heure, le facteur n'est pas passé   Jeu 28 Juil - 22:52

(j'ai édité. je précise au cas où)
Revenir en haut Aller en bas
Diony Pratchett

avatar

Nombre de messages : 1548
Date d'inscription : 11/08/2007

Feuille de personnage
Age: 18
Statut: réfugiée

MessageSujet: Re: Une heure, le facteur n'est pas passé   Dim 14 Aoû - 16:17

Comment réagir à tout ça? Déjà, alors qu'elle visionnait ces instants choisis de la vie de Sirius, Diony aurait préféré fuir ces souvenirs, ces souffrances, qui ne lui appartenaient pas. Mais une fois le silence et le calme revenus dans la pièce, elle ne put que lui accorder un regard chargé de rancœur, en coin. Se redressant sur ses appuis, elle en profita pour déglutir difficilement, faisant refluer tout un tas de sentiments malvenus. rapidement, la rancœur disparue pour ne laisser que trouble et désarroi. Que pensait-elle de tout ça?
pas grand chose, à dire vrai. Elle avait juste envie de vomir et de disparaitre dans un néant d'oubli.

Se débattant avec elle-même, Diony vint chercher un peu d'aide auprès de Sirius. Sa main, pour commencer, qu'elle agrippa nerveusement avant de remonter jusqu'à son coude puis de serrer son bras tout entier contre elle.
Nez contre son épaule, elle prit le temps de réguler sa respiration et de faire le calme dans son esprit.

Elle ne savait pas quoi faire de tout ce qu'elle venait de voir. Voila qui était dit! Et exprimé à coup de petit regard de souris. Mais surement Sirius n'attendait-il pas ce genre de conclusion de sa part. Elle n'en voyait pourtant pas d'autre. Ce qui expliquait son silence et sa façon de se tendre chaque seconde un peu plus. Jusqu'à l'inconfort.
Revenir en haut Aller en bas
Sirius Black

avatar

Nombre de messages : 1581
Date d'inscription : 11/08/2007

Feuille de personnage
Age: On ne demande pas son âge à une jeune femme
Statut: Chef de L'Ordre du Phénix

MessageSujet: Re: Une heure, le facteur n'est pas passé   Dim 14 Aoû - 17:33

Sirius resta comme amorphe jusqu'à ce qu'il prenne conscience de la main de Diony dans la sienne, puis sur son bras. D'un geste lent, il baissa la tête vers elle. Il n'osait cependant pas la fixer. Son regard s'abaissa encore et il se contenta de presser sa main libre contre la sienne.
Diony semblait bien plus marquée par ce qu'elle venait de voir que Sirius ne l'aurait pensé. Sans doute aurait-il du attendre encore un peu. Pourtant, la voir dans cet état le rappela à l'ordre. Il savait pourquoi, malgré tout, il voulait lui faire part de ces instants intimes.
D'une voix rauque et basse, il rompit le silence :


Ceux qui disent qu'on s'habitue à la souffrance sont de sombres menteurs. Ou des imbéciles. Il n'est aucune souffrance qu'on pardonne ou qu'on oublie. Mais si on se laisse entraîner par la peur qu'elle immisce en nous ou par la rage qu'elle nous procure… voilà le chemin qu'on se trace.

Il se tut de nouveau, le souffle presque coupé. Serrant sa main contre celle de Diony, il se détacha d'elle pour mieux la regarder en face.

J'ai commis plus d'une erreur de jugement dans ma jeunesse et j'en commettrai encore. Mais s'il est une chose que j'ai à retenir de mon passé, c'est que l'aveuglement, la paranoïa et la solitude sont mes véritables ennemis. Le Seigneur des Ténèbres l'a parfaitement compris : il met tout en œuvre pour désunir les familles, les amis parce qu'il sait que c'est ce qui pousse à l'acte désespéré.
Tu crois peut-être que je ne comprends pas ce que tu ressens en ce moment et tu te trompes si c'est le cas. Je suis loin d'être infaillible. J'ai peur et il m'arrive d'être désespéré, de souffrir de manière si intense que je brûle de courir dans la gueule de l'ennemi pour en abattre le plus possible. Et lorsque ça m'arrive, ces souvenirs m'aident à me rappeler pourquoi je ne dois pas le faire, commettre les mêmes erreurs.
Ils pourraient m'emplir de haine, mais ce n'est pas le cas. Chaque jour, quand je pense à ceux que j'ai perdus, je n'en ressors que plus fort. C'est pour des personnes comme James ou Lily que je me dois de faire gagner cette guerre à l'Ordre. Pour que leur enfant et sa génération vivent les joies qui nous ont été retirées. Nous devons gagner, seulement pas à n'importe quel prix. Tom Riddle est un sorcier sans cœur, aveuglé par le pouvoir. Il pense que nous sommes faibles car nous nous laissons emporter par nos sentiments et il n'a pas complètement tort. Pourtant, ce sont précisément ces sentiments qui font de nous les vainqueurs. Si tant est qu'on apprenne à les canaliser pour n'en garder que le meilleur. Ce n'est pas facile et c'est une mise à l'épreuve constante.
Ta vie a changée quand la bataille a eu lieu et elle ne redeviendra jamais comme avant. Mais si tu empêches ta souffrance et ta colère de prendre le pas sur ce qu'il y a de plus beau dans la vie, tu auras gagné ton plus gros combat. Et tu n'y arriveras pas seule.
Revenir en haut Aller en bas
Diony Pratchett

avatar

Nombre de messages : 1548
Date d'inscription : 11/08/2007

Feuille de personnage
Age: 18
Statut: réfugiée

MessageSujet: Re: Une heure, le facteur n'est pas passé   Lun 15 Aoû - 2:28

Impossible de rester insensible à ce discours la.
Buvant ses paroles, Diony ne quittait pas Sirius des yeux, cherchant à reconstituer un Sirius qui tienne la route à partir de tous les nouveaux éléments qui venaient de s'ajouter à la vision qu'elle s'en faisait jusque la. Il y avait quelque chose de touchant et de finalement accessible chez cet homme qui lui faisait face.
Comme s'il venait de lui avouer que, finalement, il n'était pas si diffèrent d'elle.
Reconnaissance étrange aux accents de révélations. Impossible de demeurer égoïste et peu importe que Sirius essaye de lui donner une leçon, elle ne voyait qu'une chose;
Elle comprenait sa douleur et sa résolution. Plus que ça, elle les partageait tout entières.
Tellement qu'elle en oublia ses propres problèmes pour se concentrer sur ceux de Sirius. Avec la franchisé qui la caractérise, Diony plongea un regard très sérieux dans celui de Sirius et posa ses mains à plat sur les joues piquées de barbe de l'homme.

On l'aura, ce monde dont on rêve, il deviendra réalité.

Et ça' c'était Sirius qui le lui avait fait croire. Elle le répétait comme un mantra, y insufflant toute la confiance qu'elle avait en Sirius.

Il sera d'autant plus grand qu'on aura lutté pour l'avoir.

Sauf qu'elle ne savait toujours pas quel rôle jouer dans tout ceci. Elle avait juste retrouvé la force de chercher.

Je te promet que je ne l'oublierai jamais.

Et amenant le visage de Sirius au niveau du sien, elle le serra contre sa joue pour mieux lui transmettre son réconfort. D'un baiser sur son front, elle cella le pacte:

Et que ce sera mieux que tout ce qu'on pouvait imaginer.


Dernière édition par Diony Pratchett le Lun 15 Aoû - 3:02, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Sirius Black

avatar

Nombre de messages : 1581
Date d'inscription : 11/08/2007

Feuille de personnage
Age: On ne demande pas son âge à une jeune femme
Statut: Chef de L'Ordre du Phénix

MessageSujet: Re: Une heure, le facteur n'est pas passé   Lun 15 Aoû - 3:10

Il ne savait dire s'il se sentait rassuré, s'il croyait vraiment en la résolution qu'il voyait à présent dans les yeux de Diony. Il souhaitait y croire, sachant pertinemment qu'elle serait remise en question régulièrement. Son rôle serait alors de veiller sur elle, comme aujourd'hui.

Il lui sourit avec embarras. Cette soudaine proximité lui était étrangère. Non pas qu'il n'ait l'habitude du contact avec Diony, là c'était différent. Trop intime.
S'écartant d'elle pour lui poser les mains sur les épaules, il décréta :


C'est tout ce que j'espère, que tu t'en souviennes.

Il serra ses mains par intermittence, baissant le regard. Puis il la lâcha complètement et se racla la gorge avant de parler.

Que tu continues à rêver, malgré tout. Car ce que tu appelles rêve n'en est pas un.
Revenir en haut Aller en bas
Diony Pratchett

avatar

Nombre de messages : 1548
Date d'inscription : 11/08/2007

Feuille de personnage
Age: 18
Statut: réfugiée

MessageSujet: Re: Une heure, le facteur n'est pas passé   Lun 15 Aoû - 3:22

N'aimant pas trop cette façon qu'il avait de la remettre à sa place comme une enfant, Diony se braqua légèrement. Juste assez pour se perdre dans une zone de flottement et de réclamer des explications:

Pas un rêve...?

Mais qu'est-ce que c'était, dans ce cas?
Revenir en haut Aller en bas
Sirius Black

avatar

Nombre de messages : 1581
Date d'inscription : 11/08/2007

Feuille de personnage
Age: On ne demande pas son âge à une jeune femme
Statut: Chef de L'Ordre du Phénix

MessageSujet: Re: Une heure, le facteur n'est pas passé   Lun 15 Aoû - 3:32

Sirius la regarda alors avec détermination et lui sourit plus sincèrement.

C'est l'avenir.

Il en avait toujours été certain, aujourd'hui plus que jamais. Ils gagneraient cette guerre. Ce n'était pas l'échec qu'il redoutait, mais ce que "gagner la guerre" impliquerait, notamment pour Harry.
Revenir en haut Aller en bas
Diony Pratchett

avatar

Nombre de messages : 1548
Date d'inscription : 11/08/2007

Feuille de personnage
Age: 18
Statut: réfugiée

MessageSujet: Re: Une heure, le facteur n'est pas passé   Lun 15 Aoû - 3:58

L'avenir... répéta-t-elle doucement.

Un truc qui n'existait que dans sa tête et qui, dès qu'il devenait réalité, changeait d'appellation pour devenir le présent. Autant dire que ça ne faisait pas beaucoup de différence d'avec le rêve pour Diony, mais que si ça plaisait à Sirius de faire une distinction entre les deux, elle n'allait pas lui retirer ça.
d'une grimace, toutefois, elle exprima tout le déplaisir que lui suggérait la nuance apportée par Sirius.

ça fait peur, conclue-t-elle.

Et pour cause. L'avenir, dans son imaginaire, c'était un truc de vieux, écrit à l'avance et chiant à mourir.

Trop sérieux, ajouta-t-elle en secouant la tête en signe de refus.
Revenir en haut Aller en bas
Sirius Black

avatar

Nombre de messages : 1581
Date d'inscription : 11/08/2007

Feuille de personnage
Age: On ne demande pas son âge à une jeune femme
Statut: Chef de L'Ordre du Phénix

MessageSujet: Re: Une heure, le facteur n'est pas passé   Lun 15 Aoû - 4:06

Finalement attendrit par cette remarque, Sirius rigola doucement. Puis il frotta la tête de la jeune fille et lui dit qu'elle avait raison.
Il était soulageant de rire un peu, après ces émotions trop intenses. Cela faisait partie du point que Sirius avait souhaité lui montrer également : ce bonheur si précieux d'être entouré par les gens qu'on aime. Diony ne devait pas le perdre de vue et Sirius ferait de son possible pour le lui rappeler plus souvent, pour être plus présent. C'était la promesse qu'il se fit en cet instant.


T'as raison. Mais un jour où l'autre, il va falloir arrêter d'avoir peur et te faire à l'idée que tu te coltineras tonton Sirius jusqu'au bout !
Revenir en haut Aller en bas
Diony Pratchett

avatar

Nombre de messages : 1548
Date d'inscription : 11/08/2007

Feuille de personnage
Age: 18
Statut: réfugiée

MessageSujet: Re: Une heure, le facteur n'est pas passé   Mar 16 Aoû - 2:14

Se coltiner tonton Sirius? Et c'était censé être une mauvaise chose? Encore une bizarrerie que Diony releva uniquement d'un voile d'incompréhension aussi vite parti qu'arrivé sur son visage très expressif. Ce qu'il fallait retenir, si on lui demandait son avis, c'était que Sirius lui faisait un semblant de promesse. Un bon début, mais pas suffisant à ses yeux.

- Promis?

Enfin, qu'il réponde oui était une chose. Très rassurante, elle ne dirait pas le contraire, et qui rassurait l'enfant mais était loin de suffire au petit bout de femme en devenir. Aussi rajouta-t-elle assez rapidement:

- J'espère que ça veut pas dire que tu vas continuer à jouer les mères poules toute ma vie. Parce que je t'aime bien, mais pas comme ça.


Et paf, prend ça dans les dents! Parce que oui, ça pouvait sonner très dur comme réplique, bien que Diony ne l'ai pas pensé de façon blessante.

- Tu sais. J'ai compris que j'étais plus une enfant.

Et ça, n'en deplaise à Sirius, c'était lui qui le lui avait fait comprendre à coup de pensine et de discours bien senti.

- Si tu veux faire les choses bien, il va falloir arrêter de me traiter comme tel.


Et même si Sirius ne l'avait pas vu venir et qu'elle semblait sortir de nulle part, c'était bien la conclusion qui s'imposait.
Revenir en haut Aller en bas
Sirius Black

avatar

Nombre de messages : 1581
Date d'inscription : 11/08/2007

Feuille de personnage
Age: On ne demande pas son âge à une jeune femme
Statut: Chef de L'Ordre du Phénix

MessageSujet: Re: Une heure, le facteur n'est pas passé   Mar 16 Aoû - 9:40

A son "Promis?", Sirius hocha lentement la tête. Son sourire s'élargit lorsqu'il s'entendit traité de "mère poule" : c'était la meilleure celle là ! ; mais se figea presque lorsque la fin de la phrase parvint à son cerveau.
Son expression se fit petit à petit sérieuse, au fur et à mesure des paroles de Diony. Sirius ne savait pas encore pourquoi, mais quelque chose le dérangeait désagréablement dans l'attitude de la jeune fille. Il avait l'habitude de l'entendre soudain toute sérieuse au beau milieu d'une conversation superficielle, comme il avait l'habitude de l'entendre faire l'enfant au milieu d'une conversation sérieuse. Mais là, il y avait quelque chose de différent, de pertinent dans les paroles de la jeune fille. Quelque chose qui le ramenait à sa propre attitude envers elle.
Le Chef de l'Ordre fronça les sourcils un instant, baissa les yeux et finit par reprendre après s'être gratté la tête.

Tu as raison, finit-il par avouer. Je te considère peut-être encore trop pour une enfant.

Cette conversation l'embarrassait soudain. C'était plus difficile avec elle qu'avec Harry.


Tu grandis, j'en suis conscient. Si ce n'est pas l'impression que je te donne alors… je m'en excuse, dit-il sincèrement. Avec tendresse : Mais sache qu'à mes yeux tu seras toujours la petite fille de son tonton, aussi adulte sois-tu.

Il lui lança un sourire timide, emprunt de tout l'amour qu'il lui portait.

Revenir en haut Aller en bas
Diony Pratchett

avatar

Nombre de messages : 1548
Date d'inscription : 11/08/2007

Feuille de personnage
Age: 18
Statut: réfugiée

MessageSujet: Re: Une heure, le facteur n'est pas passé   Mar 16 Aoû - 12:54

Ces paroles lui faisaient du bien, il n'y avait aucun doute à ce sujet en soit témoin le petit sourire plein de gratitude qu'elle lui répondit. Mais tout à coup, ce fut trop dur à supporter. Elle avait envie d'être forte, de se tenir comme une égale aux côtés de Sirius. S'il l'avait laissé faire, elle aurait même aimé le soutenir à sa façon, mais elle ne s'en sentait pas la force. Elle était encore entrain de se remettre de ses blessures, après tout, et le substitue d'énergie que le reconfort de Sirius lui avait apporté ne faisait plus illusion.

Au lieu de l'acquiescement plein d'affection qu'elle aurait volontiers renvoyé à Sirius (et, soyons fous, accompagné d'une réplique bien sentie prouvant qu'elle était une grande fille et qu'avec le temps tonton n'aurait pas le choix et devrait la considérer comme telle), c'est un débordement non contrôlé qu'elle lui offrit en retour.

Trop d'émotion.
Les larmes lui montèrent soudainement aux yeux et, trop fatiguée pour les retenir, ces dernières pointèrent le bout de leur nez pour mieux rendre ses yeux humides.
Sa bataille, elle la mènerait un autre jour. Pour l'heure, elle avait clairement perdue. Et le pire, c'est qu'elle s'en fichait totalement.

- Je suis fatiguée... finit-elle par conclure. Tellement fatiguée.

Ce qui était nouveau, et plutot une bonne chose. Et ce disant, c'est en petite fille qu'elle tendait les bras pour mieux s'accrocher au cou de Sirius.

- Je finirais de grandir un autre jour.
Revenir en haut Aller en bas
Sirius Black

avatar

Nombre de messages : 1581
Date d'inscription : 11/08/2007

Feuille de personnage
Age: On ne demande pas son âge à une jeune femme
Statut: Chef de L'Ordre du Phénix

MessageSujet: Re: Une heure, le facteur n'est pas passé   Mar 16 Aoû - 16:26

Sirius n'en dit rien, mais c'était bien la preuve que Diony n'était pas la grande fille qu'elle revendiquait. Elle n'était encore qu'une adolescente enfantine. Et même si Sirius la voyait grandir, il préférait ne voir d'elle que sa protégée. C'était bien différent d'avec Harry.

Il l'accueillit dans ses bras et sentit son coeur se serrer à ses éclats de larmes. Sans mot dire, il sortit discrètement sa baguette et lança un sortilège poids-plume. Il prit alors Diony dans ses bras, pas comme une enfant, mais comme une jeune fille, récupéra ses souvenirs d'un coup de baguette, et sortit de la pièce, Diony dans ses bras.

Intérieurement, il songea que si Promfresh était dans le coin, il allait se faire passer un sacré savon.
Revenir en haut Aller en bas
Diony Pratchett

avatar

Nombre de messages : 1548
Date d'inscription : 11/08/2007

Feuille de personnage
Age: 18
Statut: réfugiée

MessageSujet: Re: Une heure, le facteur n'est pas passé   Mer 17 Aoû - 1:40

Si elle en avait été capable, Diony s'en serait sans doute voulue pour sa faiblesse. En venir à quémander de l'affection alors même qu'elle voulait se montrer forte et capable de soutenir Sirius, c'était le déshonneur suprême... Sauf que Diony n'avait aucun goût pour l'honneur. Seulement une fierté mal placée. Et cette dernière lui demandait une bonne dose d'énergie pour fonctionner.
Un autre jour, donc.
Parler aussi lui demandait trop d'énergie. Aussi resta-t-elle silencieuse.

Ce qui ne l'empêchait pas, yeux pressés contre Sirius pour stopper les larmes, de tournicoter du cerveau. La sensation de vide était toujours là, au creux de son estomac et menaçant de se transformer en gouffre impossible à combler. Mais au moins se trouvait-elle un peu plus avancée qu'un peu plus tôt dans la journée; elle savait ce qui en était à l'origine.
Elle n'avait pas peur de souffrir ni de mourir. Pas plus que de perdre un être aimé.
C'était de n'avoir aucun contrôle sur sa vie qui la terrifiait au plus haut point. Et comment le pourrait-elle? Elle ne savait même pas ce qu'elle voulait faire de sa vie.

Se battre pour la liberté, c'est ce qu'elle faisait chaque jour avec l'Antre. Mais que ferait-elle de cette liberté?

Enfouissant un peu plus son visage contre l'épaule de Sirius, Diony tenta de faire taire cette interrogation dérangeante.

Eh oui, Diony découvrait la notion d'avenir, et ça ne lui plaisait pas. Rien de ce qu'elle en imaginait ne lui donnait envie de se battre pour. Tant et si bien qu'en désespoir de cause une remarque finie par franchir la barrière de ses lèvres:

- Je ne sais même pas pour quoi je me bats...


Et autant dire que ça la touchait au plus profond. Parce que si elle le savait, avoir peur n'aurait plus d'importance.
Revenir en haut Aller en bas
Sirius Black

avatar

Nombre de messages : 1581
Date d'inscription : 11/08/2007

Feuille de personnage
Age: On ne demande pas son âge à une jeune femme
Statut: Chef de L'Ordre du Phénix

MessageSujet: Re: Une heure, le facteur n'est pas passé   Mer 17 Aoû - 14:14

Sirius déambulait dans les couloirs, prenant soin du trésor qu'il protégeait. Ils croisèrent bien quelques personnes mais aucune ne lui fit de remarque. Un petit signe de tête suffisait à se faire comprendre : tout allait bien.

Ils étaient presque arrivé à la chambre de Diony lorsque celle-ci lança une phrase qui fit se nouer les entrailles de Sirius. Il y avait toutes sortes de manières d'interpréter ces mots, mais en l'état actuel de la situation, le chef de l'Ordre sentit ses forces diminuer. Heureusement que le corps de Diony ne pesait pas lourd contre lui.
Il marqua un arrêt et chercha son regard. Apparemment, sa petite sortie n'avait pas eu l'effet escompté, malgré les mots qui avaient été échangés. Aux oreilles de Sirius, ces mots signifiaient ce qu'il y avait de pire : le désespoir. Décidé, il reprit sa marche, les mâchoires serrées. Sa voix parut trop dure, mais il ne pouvait supporter l'idée de voir Diony abandonner.


Tu te bats pour ton avenir et pour celui des gens que tu aimes.

Il se dit ensuite qu'elle voulait peut-être tout simplement parler d'autre chose, du genre "je ne vois pas pourquoi je me bats pour rester éveillée, je suis trop fatiguée". Alors, il s'en voulut un peu d'avoir parlé trop vite.
Revenir en haut Aller en bas
Diony Pratchett

avatar

Nombre de messages : 1548
Date d'inscription : 11/08/2007

Feuille de personnage
Age: 18
Statut: réfugiée

MessageSujet: Re: Une heure, le facteur n'est pas passé   Dim 21 Aoû - 15:28

Oui, surement Sirius avait-il raison. Surement était-ce censé suffire.
Mais pour Diony, il perdurait un problème de taille. Elle n'avait toujours aucune idée de l'avenir qu'elle voulait. Sans oublier qu'elle aimait certaines personnes, certes, mais ne serait jamais allée jusqu'à se sentir le droit d'agir sur leur vie en quoi que ce soit.
Que ce soit par égoïsme ou par conscience de ses propres limites n'importait que peu. Elle ne voulait pas de cette bataille que Sirius lui proposait de mener.
Et ce refus ce fit presque viscéral à tel point qu'elle ne put que répliquer sans hésiter:

- Non. ça, c'est ton combat.
Revenir en haut Aller en bas
Sirius Black

avatar

Nombre de messages : 1581
Date d'inscription : 11/08/2007

Feuille de personnage
Age: On ne demande pas son âge à une jeune femme
Statut: Chef de L'Ordre du Phénix

MessageSujet: Re: Une heure, le facteur n'est pas passé   Lun 22 Aoû - 22:33

Oui, c'était son combat. C'était celui de tous. Et si Diony n'y voyait pas là une raison de se battre, que pouvait-il bien répondre à cela ?
Sirius se renfrogna quelque peu. Son coeur se tordait un peu plus à l'entente de ces mots. Il finit par répondre d'un ton un peu autoritaire :


C'est le combat commun qui unit ceux qui résistent à l'Empire. Tu peux l'appeler "liberté" si tu en as envie. Il n'empêche que le but reste le même : voir tomber l'ennemi.
Revenir en haut Aller en bas
Diony Pratchett

avatar

Nombre de messages : 1548
Date d'inscription : 11/08/2007

Feuille de personnage
Age: 18
Statut: réfugiée

MessageSujet: Re: Une heure, le facteur n'est pas passé   Mer 24 Aoû - 0:10

Mieux valait ne rien ajouter, Diony commençait à le comprendre. Ses doutes n'appartenaient qu'à elle et elle ne ferait rien de bon en les exposant devant Sirius.
Surtout qu'elle devrait introduire son exposé sur la question par un "peu me chaud le combat commun".


- Oui, sans doute, finit-elle par concéder d'une petite voix.

Mais elle n'y croyait toujours pas, ayant besoin d'éléments concrets plutôt que de beaux concepts comme celui de liberté.
Revenir en haut Aller en bas
Sirius Black

avatar

Nombre de messages : 1581
Date d'inscription : 11/08/2007

Feuille de personnage
Age: On ne demande pas son âge à une jeune femme
Statut: Chef de L'Ordre du Phénix

MessageSujet: Re: Une heure, le facteur n'est pas passé   Mer 24 Aoû - 12:00

Sirius sentit un froid intérieur s'installer malgré lui. Il se força à penser que Diony était convaincue mais il savait bien au fond que ce n'était pas le cas. Et cela lui faisait peur. Il remit ça sur le compte de sa fatigue.

Il finit par pénétrer dans sa chambre, heureusement pour lui sans croiser Pomfresh. Doucement, il la posa sur son lit et retrouva le sourire :


Tu dois te reposer maintenant, quoi que tu en dises.

Il se leva, prêt à partir, mais hésita un instant. Il soupira pour lui-même :

Laisse-toi le temps de trouver les réponses à tes questions. Pour l'instant, dors. Tu y verras plus clair au réveil. D'accord ?

Il fit un sourire engageant. La problématique humaine, ce n'était pas trop son truc et même s'il voyait bien que ça n'allait pas pour Diony, il ne savait pas quoi faire de plus pour elle pour le moment.
Revenir en haut Aller en bas
Diony Pratchett

avatar

Nombre de messages : 1548
Date d'inscription : 11/08/2007

Feuille de personnage
Age: 18
Statut: réfugiée

MessageSujet: Re: Une heure, le facteur n'est pas passé   Mer 24 Aoû - 23:23

- D'accord.

C'était ce qu'il y avait de plus simple et de plus prudent à répondre. Ce qui était bienvenu alors que se glisser hors de l'étreinte des bras de Sirius se révélait plus difficile que prévu. Mais n'ayant pas non plus la force de rechigner, Diony se roula en boule dans son lit.
Seul ses yeux passait au dessus des couvertures et ils étaient fixés sur Sirius, brillants d'une étrange intensité.

- Demain matin, ça ira mieux, concéda-t-elle, plus pour convaincre Sirius qu'elle-même.

Revenir en haut Aller en bas
Sirius Black

avatar

Nombre de messages : 1581
Date d'inscription : 11/08/2007

Feuille de personnage
Age: On ne demande pas son âge à une jeune femme
Statut: Chef de L'Ordre du Phénix

MessageSujet: Re: Une heure, le facteur n'est pas passé   Mer 24 Aoû - 23:30

Sirius lui sourit tendrement, et comme on borde un enfant, il s'assit près d'elle, caressa ses cheveux et déposa un baiser sur son front avant de se relever pour partir.

Dors bien. A demain.
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Une heure, le facteur n'est pas passé   

Revenir en haut Aller en bas
 
Une heure, le facteur n'est pas passé
Revenir en haut 
Page 3 sur 4Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4  Suivant
 Sujets similaires
-
» [ Passé ]La bataille du Mont Gundabad
» Le reflet du passé [Terminé]
» la langue d'enseignement,facteur de pauvreté
» Pour l'histoire , que s'est-il passé en 1994 entre le Dr Theodore et Lavalas
» Quelques interventions de Nickie dans un passé ...recent.

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
L'antre du phénix :: Le monde sorcier :: Province anglaise :: Lieux divers-
Sauter vers: